Napoléon Grenier
Membre de la société des Auteurs du Poitou-Charentes
Note de l'auteur
Ce petit roman de 150 pages, est un antidote parfait contre la tristesse et la monotonie. Il vous entraînera dans un délire total, et déclenchera en vous, des crises hilarantes.
Entre le personnage de Napoléon Grenier, avec son langage argotique, et Fernande, sa maman, vous vivrez des instants inoubliables. À la lecture de ce roman, vous ne croirez pas un instant que certaines scènes décrites sont réalistes.
Eh bien, détrompez-vous ! En effet, plusieurs maladresses de notre héros se sont réellement produites avec des personnes que j'ai connues, mais que je ne nommerai pas par respect, et aussi pour éviter de me faire de nouveaux amis.
Quant à l’histoire de Napoléon et surtout l’attribution de son nom, j'ai connu quelqu'un dont le père, doté du même degré d'intelligence que celui de mon personnage, avait donné à son fils le prénom d'une figure historique.
Conclusion : ce roman est à mourir de rire, et surtout à placer entre toutes les mains..
Extrait
— Bonjour, Monsieur, gendarmerie nationale !
— Oui ! Je vois bien que vous n'êtes pas les pompiers !
— En effet, Monsieur. Nous ne sommes pas les sapeurs-pompiers. Veuillez nous présenter vos documents : permis de conduire et attestation d'assurance.
Nous procéderons également à un test d'alcoolémie. Avez-vous consommé de l'alcool ?
— Pas une goutte ! Ou juste une petite !
— Eh bien, nous allons vérifier si la petite goutte n’a pas fait déborder le vase ! Oh là là ! Il vire au vert, l'éthylotest, c’est exactement ce que je soupçonnais ; ici, les gouttes semblent plus conséquentes qu’ailleurs. Je vais devoir vous demander de sortir de votre voiture et de me suivre.
— Très bien ! Si cela peut vous faire plaisir !
— Commençons par votre nom.
— Grenier !
— Parfait ! Et votre prénom ?
— Napoléon !
— Cessez de plaisanter avec moi, Monsieur Grenier, vous n’êtes pas en position de faire de l'humour. Commencez par me remettre vos documents, ce sera plus simple.
À la consultation des papiers, le gendarme se sentit embarrassé, et un rire commença à le gagner. Sur le permis, on lisait effectivement M. Grenier, et en prénom, Napoléon.
— Je m’excuse pour ma réaction, mais j'ai cru à une moquerie de votre part.
— Absolument pas ! Je me nomme bien Napoléon Grenier, né le 18 septembre 1957, tout comme le petit Jésus, dans une grange, mais pour moi, c’était celle de la ferme familiale.
— D'accord ! Je vous crois ! Toutefois, votre taux d'alcoolémie dépasse la limite légale, et je suis contraint de vous conduire à la gendarmerie.
— Et ma 2CV ? J’en fais quoi ? Il faut aussi que j’avertisse Mireille, mon épouse.
— Vous aurez la possibilité de téléphoner pour la joindre, Monsieur Grenier, ou nous le ferons.
— Très bien ! Contactez-la pour qu’elle vienne me récupérer.
— Ah non ! Vous ne repartirez pas ce soir. Nous allons vous placer en cellule de dégrisement.
— Quoi ! Mais c'est quoi ce bazar ? C’est quoi, cette cellule de dégrisement ?
— Calmez-vous ! Comme l'indique son nom, c’est un endroit où vous passerez la nuit, le temps de dégriser !
— Et puis quoi encore ! Dégriser ! Je ne suis pas plus bourré que vous !
— Attendez ! Monsieur Grenier, je crois que vous n'avez pas bien compris.
— C’est vous qui n'avez rien compris.
Arrivé à la gendarmerie, Napoléon n’avait pas du tout calmé ses ardeurs ; il provoquait un vacarme insoutenable. Le chef de brigade, qui se trouvait dans son bureau, en sortit pour évaluer la situation. À la vue de l'individu, il s'approcha.
— Eh bien, Napoléon ! Qu'y a-t-il ?
— Tu arrives à point nommé, Paulo ! Ton guignol veut me jeter en prison !
Celui-ci connaissait bien Napoléon et son goût prononcé pour l'alcool. Ici, dans ce village, on avait tendance à fermer les yeux, surtout qu'avec sa 2CV, il se limitait aux trajets entre sa maison et le bourg sans emprunter les grandes routes. Cependant, la loi devait être appliquée uniformément, et avec l'arrivée de nouveaux gendarmes, la clémence se faisait rare. L’adjudant, malgré la familiarité, ne pouvait passer outre l'arrestation de ses collègues. Il emmena donc l’empereur déchu à l'écart dans son bureau pour lui expliquer, avec tact, qu'il devait se résigner car il n'aurait pas l'opportunité de passer la nuit avec l'impératrice Mireille.
— Je vais appeler ta Mireille ! Ne t'inquiète pas, je lui demanderai de venir te chercher demain matin.
— Oh là là ! Elle va hurler, la mère !
— Ça, c'est ton problème !
Pour appréhender la personnalité de Napoléon, il convient de se pencher sur son histoire.
Napoléon Grenier, fils d'Hubert Grenier et de Fernande, ses parents agriculteurs, n'a pas connu des débuts idylliques. C'est en trayant les vaches que Fernande perdit les eaux. N’ayant pas eu temps de chercher un lieu plus approprié, elle accoucha sous une des vaches, donnant naissance à un beau bébé rose, qui rapidement vira au rouge intense, mais cela nous le verrons plus tard.
On dit de certaines personnes qui sont un peu décalés intellectuellement, qu'elles ont été finies à l'urine, ce fut presque le cas pour le pauvre Napoléon, son premier baptême ayant été effectué par la vache derrière laquelle il se trouvait. Heureusement, ce malencontreux incident ne fut pas plus grave, car il aurait pu recevoir une matière plus consistante.
Son père, Hubert, avait entamé les festivités dès l'annonce de la grossesse de Fernande. C'est lors d'une de ses célébrations, avec ses acolytes ou devrais-je dire ses alcooliques, les deux sont compatibles, qu'il décida de prénommer l'enfant Napoléon.
À cette époque, le patriarche prenait les décisions, la femme se contentant de suivre, et ce fut exactement le cas ici.
Combien de jeunes se sont vus attribuer, du fait d'un père souvent éméché ou quelque peu obtus, et parfois même les deux, des prénoms insolites tels que Napoléon ou autres personnages historiques.
La trajectoire de vie de Napoléon ne fut guère un long fleuve tranquille ; sa jeunesse se révéla plutôt ardue. Doté d'une intelligence plutôt ordinaire, avec des parents eux-mêmes non exceptionnels, bien que sa mère Fernande ne fût pas stupide, contrairement à son mari.